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27 janvier 2016
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Prune HAMARD (MM02) Chef de Produit, Daddy

30 juin 14

Votre parcours ?...

 

Bon..., classique Dauphine, la totale : DEUG GEA, MSG spécialisation Marketing, Master (Dess) Marketing.

J’ai voulu faire une année de césure entre MSG et Dess, ce n’était pas courant à l’époque mais d’autres métiers rattachés à la grande consommation m’attiraient.

J’ai fait le grand écart de la curiosité : 6 mois au sein de la rédaction de l’hebdomadaire Points de Vente (presse professionnel spécialisé dans la grande distribution) pour découvrir le métier de journaliste et avoir une vision globale et critique sur l’univers de la distribution.

Puis 6 mois dans l’agence de design Carré Noir (groupe Publicis) parce que je voulais aussi découvrir le métier de consultant branding & packaging, faire l’interface client-créatif et me familiariser avec l’univers des agences. A l’issue de cette année de césure, j’ai pu conclure que c’était vraiment le métier de CP dans la grande consommation qui m’attirait et me correspondait, la preuve par le contraire quoi ! j’avais surtout envie de responsabilité et d’une gestion concrète, au quotidien, d’un produit dont j’aurais vraiment "la charge".

 

Et maintenant que faites vous ?

Je suis CP sur la marque de sucre Daddy. Sur un marché basique et banalisé, tel que celui du sucre le marketing a un vrai rôle à jouer... parce qu’il faut faire bouger le marché !

Le marché du sucre est historiquement en décroissance et l’objectif que nous poursuivons dans un tel contexte recessif est de dégager plus de marge : la stratégie est donc un transfert de consommation vers des sucres à valeur ajoutée (sucre de canne, sucres spécifiques pour la confection de pâtisserie, sucres festifs pour recevoir, emballages services, etc...).

C’est aussi un marché où la pression concurrentielle est de plus en plus forte et où il faut également faire face à la montée du HD (Hard discount n.d.l.r.) et des Premiers prix.

J’ai la chance de pouvoir mettre en oeuvre deux marketing : un marketing de soutien et un marketing de niche.

Sur le segment du sucre en poudre (25% du CA du rayon sucre) je suis en charge des produits à "valeur ajoutée". Tout se joue au niveau de l’emballage sur ce développement : il faut apporter des bénéfices supplémentaires par rapport aux emballages de sucre en poudre classique (papier et carton), donc il faut améliorer l’herméticité, la facilité d’ouverture, la praticité, etc ... Ceci dans le but d’Up-grader, c’est à dire d’inciter au transfert d’achat.

J’ai recemment lancé une gamme de sucre en poudre conditionnée en emballage en plastique souple, produits très innovant et à fort potentiel de volume et de croissance. Mon rôle a été de coordonner l’ensemble des interlocuteurs internes (développement, usines, achat, distribution...) et externes (agences pack, promo, communication) pour assurer le lancement du produit en temps et en heures. C’était un développement passionnant dont je suis particlièrement fière. Vous pouvez découvrir les nouveaux produits, les Profil Packs, sur www.nouvel-esprit-daddy.com (pourquoi se priver d’un peu de pub...)

Tout à l’opposé, j’ai aussi en charge les sucres ludiques, un petit segment très dynamique (+10% d’évolution valeur) où la problématique consiste d’avantage à faire découvrir et à faire connaître des produits méconnus des consommateurs. C’est le royaume des actions promotionnelles, de la communication et du travail en fond de rayon. Le dynamisme de cette catégorie tient aussi à la diversité qui la compose aussi je réfléchis et lance des produits "niche / image" pour que la marque soit toujours apporteuse de CA additionnel au segment.

 

De belles responsabilités et une véritable démarche "stratégique" en marketing alors ! Mais je suis sûr que cette réflexion stratégique n’occupe pas tout votre temps...

Bon c’est vrai que je fais pas complètement ce que je veux. Je dépends directement du responsable marketing qui dépend lui même du Directeur marketing et commercial. Mais c’est une structure courte (rapidité et réactivité dans la prise de décision) et petite, donc beaucoup de responsabilités.

Mes domaines d’application sont larges, cela va du sponsoring à la reco merchandising en passant pas tous les éléments du mix. J’élabore complètement le plan marketing (produit, promo, communication) sur les produits dont j’ai la charge et je gère les budgets correspondants. C’est vraiment un poste où je peux montrer ce que je vaux vraiment en marketing.

 

Quel épisode récent donnerait un bon exemple de votre quotidien ?

Bon ..., je prendrai l’exemple de la boîte de sucre en plastique Daddy, typiquement un produit en phase de maturité, pour lequel le soutien marketing est indispensable. Notre temps fort c’est alors la Chandeleur, les crêpes, le sucre, un bon mariage... Nous avions prévu un petit livret de 10 pages au dos du pack. Quand l’imprimeur nous a envoyé la bobine d’essai pour l’essai de la pose des étiquettes sur les boites, ce fut un échec total. Il fallait alors qu’il change d’outillage pour s’adapter aux contraintes techniques, ce qu’il n’a pas voulu ou pu faire.

En urgence j’ai du travailler avec le service de développement technique (en charge de l’interface avec les imprimeurs), le service achat pour les cotations de coûts sur les différentes techniques (et les budgets qui s’enflamment...), l’agence de promo avec de nombreux changement de création, des formats qui changeaient sans arrêt, des nouveaux tracés de découpage... et à l’arraché, la gestion du bon à tirer, la vérification finale des étiquettes et du livret, puis la présentation à la force de vente.

Finalement, c’est toujours un nouveau challenge de développer, même si cela semble au début une "petite" opération, il s’agit techniquement d’un développement spécifique pas si simple à mettre en place !

Il faut vraiment être sûr de ses fournisseurs or ils ne dépendent pas directement de vous. Il faut donc une véritable coopération avec les prestataires. D’un autre côté, il y a toujours aussi un gros travail en interne, savoir au quotidien motiver et impliquer les collègues pour faire avancer ses projets.

La spécificité de mon secteur, c’est que c’est une industrie, une vieille industrie, assez lourde. La culture dominante est celle de l’ingénieur et on discute souvent avec les usines. Le matériel est amorti, c’est donc difficile de faire bouger les choses, les gens disent "pourquoi changer quelque chose qui se vend ?" Le marketing a alors besoin d’apporter quelque chose, mais aussi de le prouver et la RD est là pour ça et c’est une facette passionante du travail.

 

Comment voyez vous votre avenir proche ?

C’est vrai qu’au bout de 4 ans, j’espère évoluer, prendre encore plus de responsabilités, notamment en management, j’en fait déjà un peu mais je n’ai pas d’assistant (ACP). Il faut bien sûr penser à changer mais cela dépend aussi de ce que propose l’entreprise ...

 

Merci Prune. Des idées pour développer l’esprit de promo des anciens ...

Un trombinoscope pour voir nos tête 5 ans après ? Un grand dîner sur la thématique "mon métier, la modélisation et moi" ? Je plaisante...mais c’est vrai que ce n’est pas le meilleur souvenir que j’ai du Dess. Quoiqu’il en soit il est certain que l’aspect approfondi des études dans le cursus est un plus indéniable à la sortie. Sinon pour les news j’ai une petite fille, elle s’appelle Lou et elle a 16 mois.